All Flash ou Flash hybride: pourquoi les solutions de stockage d’entreprise « full flash » gagnent du terrain
By   |  February 29, 2016

Thierry Auzelle est directeur de la division stockage, Entreprise Group, de HP France. Il a en charge le développement de cette entité auprès des clients finaux de la filiale française ainsi que de ses intégrateurs et ses partenaires.

En matière de stockage de données, les solutions ‘Flash’ progressent de façon irrésistible. Les arguments sont autant techniques qu’économiques.

Beaucoup d’utilisateurs de PC portables ou d’ultrabooks connaissent aujourd’hui les avantages concrets de la mémoire ‘flash’, ou SSD, en remplacement des disques durs: allégement du poids, accélération du boot de démarrage, amélioration globale des performances. De ce fait, la FNAC estime que, d’ici à 2 ans, 50% des PC portables seront ‘full flash’.

Dans l’entreprise, le recours à la mémoire ‘flash’ en remplacement des disques est déjà bien connu pour sa capacité à accélérer considérablement, et immédiatement, les applications lentes.

Pourtant, selon une récente étude d’IDC auprès de 178 entreprises et 23 sociétés de service IT (*), 5,8% seulement des entreprises interrogées ont adopté le ‘full flash’. Elles l’ont fait pour des besoins spécifiques, indépendants de la question de la volumétrie. Et 30% utilisent des baies mixtes ou hybrides, c’est à dire partiellement ‘flash’. Selon IDC, les configurations hybrides vont fonctionner durant un bon nombre d’années encore.

Les principales tendances
La capacité des systèmes ‘flash’ va continuer d’augmenter : déjà apparaissent les premiers modules ‘flash’ de 4 tera-octets (To) sur seulement 2,5 pouces. Pour l’encombrement, c’est 6 fois mieux que les disques les plus récents. Et le ratio prix/capacité va continuer de s’améliorer.

Les prix vont encore diminuer : en 2018, le prix du tera-octet en mémoire ‘flash’ sera identique à celui des disques durs. Le « 100% Flash » se révèle déjà plus économique.

Des études montrent que, dès à présent, le coût global des disques SSD, en incluant l’exploitation et la maintenance, peut être inférieur à celui des disques classiques.

Une des explications est l’impact des techniques de ‘thin provisioning’ (gestion prévisionnelle de la capacité) et de déduplication, qui optimisent la capacité et contribuent à diminuer les coûts.

L’objection du prix
Beaucoup d’entreprises invoquent le prix ‘net’ des SSD, qui resterait élevé. En fait, il faut calculer le coût global, jusqu’à l’échelle du datacenter de l’entreprise. Il faut également valoriser les bénéfices qui en découlent pour les utilisateurs.

IDC constate : « Il faut cesser de penser que le ‘flash’ est cher. Il faut changer d’approche et détecter les applications cibles ».

Est-ce que l’on peut se passer du ‘flash’? Oui, mais les arguments anti-SSD ont de moins en moins de poids. Les solutions ‘flash’ vont peu à peu s’imposer naturellement, du fait des avantages en termes de densité, de performances, de simplicité d’exploitation.

Selon IDC, les ventes de systèmes “All flash et hybrides” sur le 1er trimestre 2015 ont progressé de +81,6% par rapport à 2014, pour atteindre 403,1 millions de dollars.

Les avantages concrets
Les procédures de ‘boot’ sont nettement accélérées. Les différents niveaux de qualité de stockage – ‘gold’, ‘silver’, ‘bronze’), toujours fastidieux à gérer, disparaissent. On gagne immédiatement en flexibilité, car les configurations ‘flash’ permettent de créer des classes de services facilement administrables.

En outre, le provisioning des capacités utiles est nettement plus simple à orchestrer par les administrateurs.

Pour quelles applications ?
On objecte parfois que certaines applications ne vont pas nécessairement tirer profit du ‘flash’. C’est vrai, mais en partie seulement. Ainsi, certaines applications Big data ou du stockage ‘objet’ ou des fichiers ‘videostream’ à très grande échelle ne seront pas toujours adaptés aux solutions ‘flash’.

Mais globalement, l’investissement dans des solutions ‘flash’ peut être rapidement rentabilisé. Il convient en particulier de réexaminer les parties critiques des datacenters pour constater que les disques durs consomment plus d’énergie, dégagent plus de chaleur, occupent plus d’espace, sont perturbés par les vibrations ou les pollutions… pas le Flash

IDC constate: « De nouvelles techniques permettent d’optimiser au plus juste l’espace réellement écrit dans la baie de stockage (Thin provisioning, thin deduplication) – ce qui diminue d’autant le TCO (Total cost of ownership) ».

IDC poursuit : « Le Flash est 8 fois plus rapide qu’un disque et il l’est 25 fois plus en mode interactif et 35 fois plus en mode ‘batch'(…) Il apporte une bouffée d’oxygène aux serveurs, en les libérant des charges CPU induites par un stockage à temps de réponse lent. Il donne une seconde jeunesse aux vieux serveurs et permet d’étendre la durée de vie des serveurs. Il augmente le niveau de consolidation, avec plus d’instances de bases de données par serveur, plus de machines virtuelles par serveur physique, etc. Cela se traduit aussi par une baisse de 50% des coûts de licences. »

La nouvelle endurance des disques SSD
Une autre objection revient fréquemment, mettant en cause l’endurance des modules SSD, qui serait limitée. Précisons d’abord que l’endurance se mesure par le nombre d’écritures possibles par jour ou DWPD (Data write per day). Un livre blanc récent (*) compare les différentes technologies en termes d’endurance (taux d’écriture sur les cellules ou cycles P/E): les Enterprise NAND SLC (Single-level cells) versus les Enterprise NAND MLC (Multi-level cells). Il en ressort que deux vagues technologiques se sont succédées:

Vague 1 : ce fut l’émergence des technologies SLC (Single-level cells) de faible capacité (200 à 400 Go). Sur les baies de stockage, ce critère DWPD était important car les baies, comme les serveurs, devaient gérer globalement l’endurance en pilotant une égale répartition de l’usure des cellules. Ceci évitait d’écarter trop prématurément des cellules encore utilisables et donc de préserver de la capacité.

Vague 2 : c’est l’avènement de la génération NAND 2 sur les technologies MLC (Multiple-level cells). Ici, chaque composant SSD gère lui-même, de façon autonome, cette répartition de l’usure des cellules. Comme dans le cas, par exemple, de la technologie FlashGuard de Sandisk, l’endurance des modules MLC est améliorée 10 fois.
Ceci se vérifie avec les disques ‘Flash’ de 3PAR (HP) de grande capacité (1,92 To et 3,84 To). Grâce à cette amélioration, le coût du stockage par To est désormais égal à celui des disques durs standard.

En conclusion, le décollage des solutions ‘flash’ se confirme de façon irrésistible. Les responsables métiers et les dirigeants en comprennent vite les avantages concrets, étant utilisateurs de tablettes ou de smartphones. Les coûts de fabrication des mémoires NAND 2D / 3D vont continuer de diminuer. Les disques HDD traditionnels seront vite dépassés, en termes de ratio performances/capacité.

Toutes les entreprises qui ont adopté le ‘full flash’ disent qu’elles sont satisfaites ou très satisfaites, et qu’elles ont pris cette option avec une perspective à 10 ans.

(*) Livre blanc : SSD Endurance. Source : HP ( 05/2015 )

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